FX Noires – C’est trop bête

Noires – C’est trop bête

Back

C’est trop bête

Cette nouvelle a été publiée par la revue Moebius (QV2004) et fait partie du recueil « Tu es Julie « , publié à l’automne 2008 par les éditions Marchand de feuilles. Pour cette raison (contrat
d’exclusivité…), seul un extrait du texte est présenté ici. L’intégralité… est accessible dans la revue (commande ou abonnement accessible sur le site).

Quand on se lève le matin, et que la première chose à laquelle on pense n’est plus une cigarette ou un verre, mais quelqu’un. Quand on se fait avoir au billard par un tricheur de première, qu’on l’a vu, qu’on le sait, et que pourtant on ne lui casse pas la queue sur la tête, parce qu’on a cru voir sa silhouette, vers le fond du bar. Quand on passe toute une soirée, un verre à la main, sans même le vider, malgré les amis, malgré les plaisanteries, malgré l’ambiance, parce qu’on y pense. Ouais, pas besoin d’aller chez le toubib pour avoir un diagnostic. C’était clair : je n’étais pas dans mon état normal. J’étais aussi stupide, aussi fou, aussi ridicule que tous ceux dont je m’étais moqué, par le passé. J’étais amoureux.

Pas si méchant ? Hé, ça vous va bien de dire ça ! D’abord vous ne me connaissez pas. En tout cas, visiblement pas assez pour savoir que, dans mon cas si, c’est grave. Et pour plusieurs raisons, la moindre étant peut-être ce que j’ai toujours pensé – et crié bien fort à qui voulait m’entendre – de ceux qui succombent à cette maladie. Ce n’est pas une maladie ? Eh bien… Comment doit-on appeler, d’après vous, ce qui fait que quelqu’un de normal se met à se comporter de manière stupide, cesse de fréquenter ses amis, oublie toutes ses habitudes et principes ? Moi j’appelle ça une maladie. Maladie mentale plus que physique, peut-être. Mais maladie, ça ne fait pas l’ombre d’un doute. Et que ceux qui s’apprêtent à me dire avec un sourire narquois :  » au moins ce n’est pas une maladie grave !  » se taisent… Et écoutent. Je m’en vais vous expliquer comment leur maladie  » bénigne  » a foutu ma vie en l’air. Ma vie et pas mal d’autres…

Back