46 façons de mourir / -27

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-27 Une maison devrait durer
plus longtemps qu’une vie d’homme

Robert Coudret m’attendait sur le perron de sa maison, un sourire d’accueil aux lèvres. Nous nous sommes serré la main, puis il a ouvert la porte et a tendu le bras vers l’intérieur, m’invitant à entrer.

– Allez-y, entrez, entrez donc. Vous voulez quelque chose avant de visiter ? Un café ? Une bière ? Ou un petit verre de fort ?
– Une bière, je veux bien. Vous avez quoi ?
– Oh, c’est une bière locale. Ne vous inquiétez pas, elle ne vous fera pas mal. À peine 4 %. Mais j’aime bien son goût. Un peu comme du caramel, sans être sucré.
– Eh bien, on va tester ça.

Il m’a précédé dans la cuisine, propre et spacieuse. Les murs étaient couverts de placards et d’éléments de rangement en bois brun, visiblement du travail sur mesure. Il a ouvert un des panneaux, a sorti deux verres dont il a inspecté la propreté avant d’ouvrir le réfrigérateur et d’en extraire une bouteille sans étiquette, noire d’une bière sombre comme du charbon. Il a rempli les deux verres et m’a tendu le mien, gardant le sien levé en un toast muet. La bière était fraîche et parfumée, un vrai délice.

– Vous n’avez pas eu de mal à trouver ?
– Non, non. Vos indications étaient parfaites. Et puis j’ai un GPS dans ma voiture.
– Un quoi ?
– Un GPS. Un… un système de guidage. Par satellite. Ça fait longtemps que ça existe, mais c’était réservé aux militaires. Puis à l’aviation, aux navigateurs. Mais maintenant on peut en avoir pour pas cher, avec un petit écran de contrôle. Ça vous guide mieux que personne. C’est devenu impossible de se perdre…

Il m’a regardé avec un air goguenard.

– Même quand ça tombe en panne ?
– Eh bien… Ça ne m’est pas encore arrivé, mais bien sûr vous avez raison. Je… Je crois que je serais toujours capable de trouver une adresse sans GPS. D’ailleurs, je ne m’en suis servi que comme contrôle. Ce sont vraiment vos indications que je suivais !
– OK, OK… C’est pas important, de toute façon. L’essentiel, c’est que vous soyez arrivé, hein ?
– Absolument.

J’ai rebu une gorgée de son excellente bière. Elle avait un arrière-goût riche et complexe. Bien plus que je ne m’y serais attendu. Des herbes, des épices…

La cuisine est sombre, c’est un soir d’hiver. Les placards de bois blanc sont tous ouverts, portes bayant sur le rangement saccagé, assiettes en miettes, plats brisés. De l’un d’entre eux s’écoule un filet de farine, s’entassant sur le plan de travail en un cône d’au moins une livre. Des couverts et couteaux à découper gisent sur le sol, un tranchoir est même planté dans le plancher. Au coin de la huche à pain, un amas noirâtre dans lequel on distingue ce qui semble être une touffe de poils. De cheveux ? Quelques éclaboussures sur le côté du meuble. Quelques taches sur le plancher. Une fenêtre est entrouverte et le vent soulève par intermittence le rideau, donnant à toute la scène une allure fantomatique, une atmosphère qui rappelle le château de la Bête dans le film de Jean Cocteau.

    – Alors voilà, je vous propose de commencer par les étages, hein, avant que la bière ne vous coupe les jambes ! Non, je plaisante, elle ne ferait pas de mal à une mouche nouvellement née…
    – Vous êtes un petit plaisantin, vous !
    – Bah, je ne sais plus qui a dit « la journée la plus perdue est celle où on n’a pas ri », mais je partage complètement ce point de vue. Quand on rigole… la vie est drôle. Enfin, c’est ce que je pense…
    – … Mouais, c’est pas faux. Et d’accord pour les étages, je vous suis.

    – On y va.

Il a tourné deux fois à gauche en sortant de la cuisine, m’amenant à un escalier vénérable, dont la rampe était une vraie splendeur. La sculpture qui ornait le pilier terminant la rampe était étrange. Un morceau de bois aux formes douces, amiboïdes, l’archétype de la sculpture abstraite. Moderne et réussie. Mais la façon dont elle s’intégrait dans la rampe laissait penser qu’elle en était contemporaine. Soit…

– Il a quel âge, l’escalier ?
– Oh, l’escalier – je veux dire les marches – on les a refaites régulièrement, tous les dix ou vingt ans. Mais la rampe, elle, est d’origine. Elle a un peu plus de cent-cinquante ans. Pas mal, hein ?
– Oui… C’est bien peu de le dire. C’est… je suis impressionné.
– Ça ne m’étonne pas. Même moi qui vis ici depuis… pas loin d’un demi-siècle, elle m’impressionne toujours autant. C’est un peu… un peu comme la colonne vertébrale de la maison. Enfin, c’est comme ça que je la vois. Quand on monte l’escalier en tenant la rampe, c’est un peu comme si on lui flattait l’échine, vous voyez ? Comme à un animal…
– J’aime bien l’image…
– On y va ?
– Oui, pardon. Je vous suis.

L’ascension a commencé. Une, deux, trois marches, quatre, cinq, six, sept marches
La scène est brève. À peine le temps d’identifier un homme dans la créature qui surgit sur le palier de l’escalier. Il porte une perruque blonde, de grosses lunettes, si grosses qu’on se demande si elles ne sont pas factices. Il est emballé dans une sorte de chemise de nuit qu’il tient serrée contre lui, à la couleur indéfinissable dans l’éclairage blafard de la veilleuse. Étrangement, le col et le bas en sont ornés de dentelle. Mais le temps de comprendre ces images, une ombre a surgi. L’homme travesti bat des bras en plongeant soudain dans l’escalier. Il se reçoit sur un bras en heurtant les marches, et ce bras fait un bruit d’allumette géante quand il se brise net sous le choc. L’homme hurle de douleur tout en continuant sa chute, à plat ventre sur les dix dernières marches. Le hurlement s’arrête net quand son crâne heurte avec un bruit mou le pilier qui termine la rampe.

– Et voilà la troisième chambre. C’est ma préférée. C’était celle du bâtisseur de cette maison, et je sais bien pourquoi il l’avait choisie. Un vieux finaud, l’Arsène. C’est lui qui a gravé la devise de la maison.
– La devise ?
– Je ne vous en avais pas parlé ?
– Non, ça ne me dit rien…
– Ah, ben excusez-moi, c’est pas volontaire. La devise – j’aurais su, je vous l’aurais montrée avant qu’on monte. En tout cas elle est gravée dans la poutre centrale de la salle à manger. « Une maison devrait toujours durer plus qu’une vie d’homme. » C’est ça, la devise. Belle phrase, hein ?
– Oui. Belle idée pour un bâtisseur.
– Ouais. Ça a vite été vrai, en quelque sorte. Enfin vite… Trente ans, quand même.
– Vous voulez dire que le bâtisseur de la maison y est mort ?
– Oui. Enfin non. Pas dans la maison. Un jour, il a mis dehors quelqu’un. Même à plus de soixante ans, c’était encore une force de la nature. Il hésitait pas à faire le coup de poing. Mais ce jour là, ouvrez les guillemets : « Quand il se retournait pour rentrer après avoir expédié l’importun cul par-dessus tête, le voyou se releva, sortit une arme de sous sa veste et tira lâchement dans le dos d’Arsène Vaillant la balle qui mit fin à ses jours en lui perforant le cœur. » Fin de citation. J’ai pas de mérite, c’est dans la plaquette de présentation de la maison, du temps où je faisais bed and breadfast.

– Je vois…

J’ai scruté la chambre. C’est vrai qu’elle était agréable. Lumineuse, spacieuse. Accueillante. Mais quelque chose me gênait. Un grand – un immense – miroir faisait face au lit. Sans fard, son installation inclinée montrait clairement que son usage était destiné aux occupants du lit. Suivant mon regard, le vendeur eut un coup d’œil pour le miroir et haussa les épaules dans un soupir.

– Le miroir, hein ? C’est ça qui vous chagrine ? Vous savez, vous n’êtes pas obligé de le garder. Enfin, pas de le laisser là. Allez pas le jeter ou le briser, il doit valoir dans les cinq mille. Au moins. Ça serait bête de perdre une pareille somme, hein ?
– Oui, évidemment. Mais vous-même ?
– Oh ! Moi, je n’utilisais pas cette chambre.
– Mais vous venez de dire que c’était la plus belle !
– Oui, c’est vrai. Mais vous savez, je suis toujours resté dans la même chambre depuis que je suis arrivé dans cette maison. J’y avais mes habitudes, quoi.
– Ça peut se comprendre.
– Et puis la chambre d’Arsène, c’est spécial. C’est un peu… un peu comme la chambre royale ou présidentielle, vous voyez ? Pour les grandes occasions, quoi. En tout cas, c’était le point de vue de mes parents.
– Je comprends. Vous êtes un descendant d’Arsène…
– Vaillant. Heu, oui, indirectement. En fait, je suis un cousin, pas de la branche qui a reçu la maison en héritage. Mais quand mes parents sont morts, les Mercier m’ont comme qui dirait adopté. Ils n’avaient pas d’enfants, et même si je les ai toujours appelés « Mon Oncle » et « Ma Tante », c’était devenu eux, mes vrais parents. D’ailleurs, ils m’ont légué la maison.

Il s’est mis à regarder dans le vide, comme si l’évocation de ses parents venait de déclencher des souvenirs doux-amers. Un peu gêné, j’ai fixé mes chaussures sans trop savoir quoi faire.

Des bougies sur chaque table de nuit donnent des ombres dansantes sur les murs. La silhouette de l’homme paraît démesurée, démoniaque, ombres déformées qui sautent d’un mur à l’autre, au gré de ses coups de rein, au fil de ses ahanements. Son visage exprime plus de concentration que de plaisir, comme s’il se livrait à un rituel pointilleux et précis. C’est d’ailleurs bien le cas : il se fabrique un héritier. La femme, chemise de nuit troussée au nombril, accompagne les va-et-vient de l’homme, cuisses largement écartées et regard au plafond. Ses bras reposent de part et d’autre sur le lit, aussi inertes que ceux d’un cadavre. Dans un dernier coup de rein, si violent que le sommet du crâne de la femme heurte le mur avec un bruit sourd, l’homme libère enfin sa semence. Aussitôt il roule sur le côté, s’assoit sur le bord du lit puis se lève, ouvre la garde-robe et extrait un cigare de la poche de son manteau. Il l’allume et va le fumer, sans dire un mot, devant la fenêtre entrouverte. La poitrine de la femme se soulève avec régularité, mais son regard, toujours rivé au plafond, est celui d’une morte.

Il se retourne avec un sourire d’excuse et me dit :

– Excusez-moi, j’aurais dû vous prévenir !
– Oh, ce n’est pas grave, je ne me suis pas vraiment fait mal. Et puis j’aurais dû faire attention.
– Mais quand même, vous auriez pu vous blesser. Parce que c’est du solide ici, hein ? Vous vous rappelez, « une maison devrait toujours durer… »
– « … plus qu’une vie d’homme. » Oui, je me souviens. Et c’est vrai qu’elle est massive cette poutre. Bravo pour la solidité. Juste dommage qu’elle soit si basse !
– Désolé…
– Non, vraiment, ce n’est pas grave. Il suffit de le savoir.
– Vous savez, à l’époque, les gens étaient beaucoup plus petits. Arsène était plutôt fort, mais de taille moyenne. Pour l’époque. Ça veut dire que vous faites presque une tête de plus que lui. Il n’a jamais dû se cogner dans ce passage, lui !
– Évidemment… Ça menait où ? Je veux dire, quand ça a été construit.
– Un… un grenier à blé, si je me souviens bien. C’est pour ça que la charpente est si forte. Fallait soutenir le poids des provisions et des récoltes.
– Je n’avais pas pensé à ça. Impressionnant, en tout cas.
– Oh, ça ne devait pas ressembler à ça. C’est Victor Vaillant, le petit-fils d’Arsène, qui a réorganisé cette partie. Il y a… Hé, pas loin d’un siècle.
– Hmmm. D’anciennes rénovations, en quelque sorte.
– Hein ? Heu… oui, sans doute. Si on veut. Enfin, avec ça on a fait le tour des étages. Je ne vous montre pas le grenier, c’est un nid à poussière, on s’asphyxierait. Et de toute façon, à part une ou deux vieilles malles, c’est juste un espace vide.
– Utilisable ?
– Oh oui, bien sûr. Faudrait juste nettoyer. Mais c’est sain ! Pas de rats, pas de termites. Évidemment, si vous voulez faire des chambres, faudrait percer le toit avec des fenêtres. Mais vous avez déjà trois chambres par étage, alors…
– Effectivement. En fait, je ne pensais pas à une chambre. Juste au rangement. À… à un grenier, quoi.
– Pas de problème. Faut juste un aspirateur et un masque anti-poussière.
– Super.

On s’est regardé en souriant. Il avait le souffle un peu court, comme s’il l’avait presque intégralement laissé dans ses commentaires, avis et anecdotes sur la maison, contés en un flot permanent qui ne changeait ni ne s’interrompait jamais, y compris en montant et descendant les nombreuses volées de marches qui passaient d’un étage à l’autre, d’un niveau à l’autre de cette maison. D’ailleurs c’était à croire, vu leur nombre, que le bâtisseur ou ses successeurs avait un faible pour les escaliers.

Il a repris les marches pour retourner au rez-de-chaussée terminer la visite. Par le salon, l’immense salon.

Ils sont quinze ou vingt, la plupart en train de danser au milieu de la pièce, dans l’espace libéré par les meubles qu’on a tirés contre les murs. Ceux qui ne dansent pas se servent à boire, puis retournent danser. La table est jonchée d’une pile d’assiettes et de plats vides qui démontrent que la chère a été abondante, tandis que les bouteilles alignées sous la table prouvent que la boisson n’était pas en reste. Soudain, ce qui pouvait passer pour un couple se parlant fort pour se comprendre, à cause de la musique, devient clairement une scène de ménage, avec une puissance sonore et de langage qui ne cesse d’enfler. Au paroxysme de la crise, alors que les danseurs se sont arrêtés, gênés, ne sachant visiblement quelle attitude adopter, un bras se lève, une gifle claque. Cinq interminables secondes de silence et d’immobilité absolue suivent, rompus par la femme qui tourne les talons sans un mot et sort de la pièce. Le bruit de ses pas retentit dans les marches de l’escalier, diminuant jusqu’au troisième étage. Mais la porte de la chambre est claquée si violemment qu’on l’entend distinctement depuis le salon. D’un ton faussement enjoué, la maîtresse de maison déclare qu’on a déjà écouté ce trente-trois tours, et que la collection est bien assez grande pour qu’on puisse varier un peu. D’autorité, elle se saisit d’un vinyle, apparemment plus ou moins au hasard à en juger par l’air surpris qu’elle arbore en découvrant sa pochette. Elle n’a pas le temps d’aller le mettre sur l’appareil qu’un fracas de verre et de métal fait sursauter tout le monde. La véranda ???

– Vous voyez, pour les repas de famille, on alignait des tréteaux comme ça. Et là aussi. En tout, on devait manger à… je dirais soixante.
– Pas mal… Sacrée famille aussi !
– Oh, c’était vite fait, vous savez. On était encore couramment six ou huit enfants par couple, à mon époque.
– Oui, évidemment…

Ayant terminé la visite – celle du terrain se résumant à contempler un champ de neige à travers les vitres du bureau – nous nous sommes retrouvés, silencieux, dans le hall d’entrée. Il avait l’air un peu moins radieux qu’à mon arrivée, comme s’il doutait maintenant un peu de ma décision.

– C’est du costaud, hein ! Fait pour durer, foi de Robert. Qui a déjà duré. Alors si vous voulez une maison qui dure plus longtemps qu’une vie d’homme, ben vous l’avez trouvée. Voilà. Vous… vous voulez savoir autre chose ?
– Non. Ou plutôt si. Pourquoi vendez-vous ? Après tout, c’est votre maison, vous y avez vécu longtemps, ce n’est pas le genre de décision qui doit être facile à prendre ?

Il a les yeux ouverts mais visiblement ne voit rien. Il n’est plus rien d’autre qu’une aspiration. Puis la suivante. Pénibles. Sifflantes. Parfois des gémissements inarticulés viennent se superposer au bruit de ce souffle si dur à entretenir. L’infirmière règle une perfusion, contrôle un manomètre. Puis elle regarde Robert avec un air d’infinie pitié. Il n’atteindra pas le matin. Elle le sait. Ça la console de se dire qu’il va cesser de souffrir. Que sa longue et pénible agonie va enfin s’achever. Pauvre Robert. Il n’en aura pas profité beaucoup, de sa nouvelle maison. Celle dont il parlait sans cesse quand il est revenu dans ce service. Quand il parlait encore. Pauvre Robert. Elle retourne d’un pas lent vers la porte, prenant quelques instants avant le malade suivant.

– Non. Ce n’est pas facile, c’est vrai. Mais elle est vraiment devenue trop grande pour moi. Et puis, je vis seul, maintenant. Alors je préfère vivre dans un endroit plus à ma mesure. Un endroit à moi, en quelque sorte. Vraiment à moi, je veux dire. À moi seul, pas à toute une famille…

Je reste silencieux après sa réponse. Je ne sais pas trop comment lui annoncer ma décision. Je me sens gêné, comme si j’allais le blesser, le décevoir.

– Monsieur Coudret…
– Robert !
– D’accord, Robert… je… je ne vais pas acheter.
– Vous n’allez pas… Mais vous aviez l’air de l’aimer, c’est vrai, elle vous plaisait, elle…
– Elle me plait, c’est vrai. Mais… Comment vous dire ça…
– Elle est trop grande ?
– Non, je dirais plutôt qu’elle est trop pleine.
– Trop pleine ? Je ne comprends pas… Vous voulez dire qu’il y a trop de meubles ?
– Non ! Rassurez-vous, les meubles sont parfaits. En fait, c’est une maison de famille.
– Bien sûr. Et alors ?
– Ce que je veux dire, c’est que cette maison est vraiment celle d’une famille. On le sent, partout, tout le temps. C’est pour ça que je disais qu’elle est trop pleine. Trop pleine de votre famille. C’est une maison de famille, Robert. Une belle et grande maison de famille. Mais pas de ma famille. De la vôtre. Et je crois que j’aurais du mal à m’y faire acc… à l’accepter. Vous me comprenez ?
– Mouais. Je crois. Vous êtes sûr-sûr ? C’est… un avis définitif ?
– Oui. Désolé.

J’aurais voulu lui dire qu’il allait trouver facilement un acheteur, que ce n’était pas grave. Que mon refus n’allait pas longtemps retarder son départ. Mais je n’ai rien dit. Lui parler de son départ ? Vers sa petite maison ? Vers son cancer et son destin ? J’ai juste fait demi-tour et refermé la porte. Sur la galerie, la mangeoire des oiseaux oscillait dans le vent, avec un grincement répété, énervant.

 

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