46 façons de mourir / -26

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-26 Zone strictement réservée au personnel

Noir. Silencieux. Pas la moindre sensation, juste une tâche à accomplir.

JJ’ai tout de suite aimé la nouvelle bibliothèque. Un immense bâtiment, spacieux et lumineux, qui réussit la gageure du « gigantisme accueillant. » Certes, extérieurement… Mais je m’en moque. Peu m’importe l’allure de la bâtisse vue du dehors, l’essentiel est ce que j’y trouve à l’intérieur. De ce dernier point de vue, je ne peux qu’être satisfait que ce soit quant au contenu, l’ambiance ou les services.

J’ai été immédiatement séduit par le savant mélange qui règne entre l’ancien et le moderne, les manuscrits pluriséculaires et les stations informatiques dernier cri pour la recherche documentaire. Les couvertures fleurant bon le vieux cuir que l’on emporte dans l’ascenseur aux odeurs métalliques. Mais je ne savais pas qu’il existait un programme aussi important de test en vraie grandeur de tout ce que les technologies de l’information peuvent inventer. Un programme discret, très discret. Après tout, une bibliothèque – même à notre époque d’informatisation à outrance – est supposée être centrée sur le livre. Si l’écran y a sa place, ce n’est qu’en second, en tant que médium. Mettre cette opération semi-expérimentale en avant aurait pu laisser penser que la technologie était vue comme une fin en soi, risque que les prudents administrateurs de la place avaient décidé d’éviter.

C’est par hasard que j’ai découvert l’existence de tout cela. Un double hasard. Celui de connaître vaguement Rémi, un chef de projet de l’équipe informatique de la bibliothèque, un rat d’ordinateur dont j’avais fait la connaissance pendant mes études. Un drôle de gars, très fort dans sa partie mais trop nerd à mon goût pour devenir un ami. L’autre hasard a été de remarquer quelques anomalies quand les portes de l’ascenseur se sont ouvertes au troisième étage, un jour où j’avais demandé le quatrième. La voix de synthèse a annoncé l’étage et les collections. J’étais seul dans l’ascenseur et, une fois les portes ouvertes, j’ai pu constater que personne n’attendait sur le palier pour monter au quatrième. Personne n’avait apparemment appelé l’ascenseur. Les portes ont fait semblant de se refermer et, voyant le panneau d’orientation de l’étage, sans vraiment réfléchir, je suis sorti. La cabine s’est refermée dans mon dos, non sans que j’entende à nouveau la voix électronique, dans ce qui m’a semblé être un « bienvenue » étrange de la part d’un ascenseur.

J’aurais oublié l’incident bien vite si je n’avais croisé Rémi quelques instants plus tard, dans les allées de romans où je déambulais. Il leva les yeux au-dessus de ses verres en cul-de-bouteille, grimaça sa conception personnelle du sourire cordial (quelque chose compris entre le rictus d’un empoisonnement au cyanure et le faciès d’un constipé qui tente de forcer sa délivrance), avant de replonger dans le livre qu’il tenait avec respect. J’en déchiffrais la couverture à l’envers, sans pouvoir retenir un sourire : elle annonçait « Agrippa – Traité de nécromancie. » Typique du personnage…

L’esprit encore étonné par le comportement de l’ascenseur, j’ai décidé de taquiner Rémi à ce sujet. Sur le ton du : « Elle est bien belle, TA bibliothèque, mais TES ascenseurs déconnent déjà, six mois à peine après l’ouverture… » Mon attaque, loin d’agacer Rémi comme je l’escomptais, ne l’a pas lancé immédiatement dans une de ses justifications techno-roboto-nano-bio-et-j’en-passe. Ses tirades parfois génialement drôles tant il se met à ressembler à la caricature du savant fou incapable de parler de manière compréhensible, incapable de se rendre compte que l’effet majeur qu’il produit est l’hilarité. Il a juste jeté alentour un regard de paranoïaque avant de me répondre sèchement : « Comment ça, marche pas ? Trop court ! Explique-moi EXACTEMENT ce qui ne marche pas ! » Le tout avec un regard de hibou courroucé, qui se voulait sans doute être celui du bon droit injustement accusé par un « béotien – attention, le mot qui tue… – illogique ! »

Pas complètement surpris par la réaction de Rémi, je lui ai relaté l’incident de l’ascenseur. Il m’a regardé avec le regard impénétrable d’une tortue géante qui toise une Ferrari. Pour finir par me rétorquer : « Mais tu es descendu ! Donc c’était le bon étage. » J’ai évidemment rejeté en riant sa pseudo-conclusion, expliquant que certes j’étais descendu, mais que ce n’était que… parce que… bref, parce que j’avais envie de descendre. Mais avant que j’ajoute quoi que ce soit pour tenter de rattraper la faiblesse de mon argumentaire, Rémi m’a cloué le bec en lâchant avec un grand sourire :
— Mesuré – Estimé – Calculé – 89 % de réussite.
— Mais, de quoi tu parles ???
— Du programme EDIC. Dans les ascenseurs. C’est moi qui l’ai installé ici.
— EDIC ?
— Extrapolation des Désirs Insconscients des Consommateurs. C’est un logiciel japonais, qu’on a adapté nous-mêmes.
— Extrapolation… Mais à partir de quoi ?
— Mesures, tiens ! Tu n’as pas vu les capteurs ?
— Où ça ? Dans l’ascenseur ? Euh… J’avoue que je n’ai pas fait attention…
— Ben ils sont là. Et pas à peu près.
Il se mit à compter sur ses doigts tout en énumérant :
— Capture de l’image de l’iris, pression artérielle, pression intra-oculaire, analyse cutanée chimique et électrique, électroencéphalogramme, cardiogramme… J’en oublie sûrement, mais il doit y avoir pas loin de quinze paramètres utilisés.
— Mais… Comment ?
— Capteurs, je te dis. Caméra haute résolution, capteurs tactiles sur le panneau de commande. Tout ce qui se fait de mieux !
— C’est de la folie ! T’es en train de me dire que l’ascenseur a décidé que je préférais m’arrêter à cet étage alors que j’avais demandé le suivant ?
— Non. TU as décidé ça. L’ascenseur n’a fait que s’en rendre compte. 89 % de taux de satisfaction aux dernières mesures. Et encore, on sait qu’on peut améliorer certains détails. On devrait arriver aux 95 % assez vite.
— 95… Je rêve. Je me croyais dans une bibliothèque et je me découvre dans l’antre du docteur Folamour…
— Tu dis n’importe quoi ! C’est juste un programme expérimental pour améliorer la satisfaction client.
Je me suis accordé quelques secondes de réflexion avant de rétorquer :
— Dans ce cas pourquoi est-il secret ?
— Oh, il ne l’est pas ! La preuve, je t’en parle. Il est juste… discret.
— Mais pourquoi ?
— Parce que… parce que certains des fournisseurs qui testent ici leurs derniers produits veulent garder profil bas. Avantages concurrentiels, prototypes, espionnage industriel, tout ça quoi…
— Ah… Et… Il y a d’autres… tests en cours, ailleurs dans la bibliothèque ?
— Ouais. Mais là, excuse-moi… Faut que je retourne à mon poste. Ciao !
Et avant que j’aie eu le temps d’en dire – et surtout d’en savoir – plus, il m’a planté là et s’est littéralement enfui.

Étrange affaire. Plus j’y réfléchissais, plus j’étais émerveillé par la performance, l’acuité des moyens mis en œuvre pour « lire les pensées » des utilisateurs. Après mûre réflexion, j’avais dû admettre que le pronostic me concernant était le bon. L’impulsion qui m’avait fait bondir de l’ascenseur était mienne. Causée par l’envie subite d’aller visiter les rayons « magie » et « fantastique ». Subite ? À voir. Je trouvais tout de même légèrement inquiétant qu’un ensemble de capteurs et de logiciels puissent « remarquer consciemment » mes envies plus vite que mon esprit n’en était capable. J’ai décidé de ne pas en parler autour de moi, ne connaissant pas le degré exact de confidentialité de l’affaire, et ne voulant pas attirer d’ennuis à Rémi. N’étant pas personnellement un ayatollah des libertés individuelles, l’affaire ne me paraissait pas justifier d’informer les croisés du Bon Droit contre le « gouvernement-qui-nous-espionne. » Après tout, ils étaient déjà assez occupés à contester l’usage de l’argent public dans le bâtiment de cette bibliothèque et ils n’avaient visiblement pas besoin de ma découverte dans leur argumentaire, se débrouillant très bien sans moi.

Alors j’ai oublié l’affaire. Plus ou moins. En tant qu’usager régulier et averti, j’ai bientôt remarqué que tous les moyens d’accès à l’information étaient ici plus rapides qu’ailleurs, plus conviviaux, plus puissants, en un mot meilleurs. Rien de révolutionnaire, rien de spectaculaire. Juste la sensation de disposer de « ce qui se fait de mieux. » Avec du bonus pour ceux qui ne s’arrêtent pas à la surface des choses. J’ai ainsi découvert que, sur le site Internet de la bibliothèque, consulté sur place à l’un des terminaux au design futuriste et racé, on pouvait demander sa « sélection du jour. » Interloqué, j’ai demandé la mienne, et me suis retrouvé avec une liste de quatre romans. Une liste extraordinaire. Sans conteste la meilleure sélection possible selon mes goûts. Et attention : pas « les quatre livres que j’ai le plus envie de lire. » La liste était celle de mes désirs du jour. Les livres – je m’en rendais compte – qu’en fonction de la journée passée, de mon humeur, de la couleur du ciel, bref de tout ce qui fait un instant dans une vie, les quatre livres que je désirais le plus lire aujourd’hui. J’en suis resté figé, les genoux flageolants. Puis, je me suis repris et me suis dit que ce n’était qu’une merveilleuse coïncidence. Une fois rentré chez moi, j’ai cherché à nouveau cette fonction. Mais de mon domicile, cette section du site était introuvable ! Constatant à la pendule qu’il me restait assez de temps, je suis retourné comme un fou à la bibliothèque. Je me suis précipité sur le premier terminal libre, et tandis que retentissait le message annonçant la fermeture prochaine des portes, j’ai redemandé ma « sélection du jour. » La liste différait. D’un titre. Analysant le plus calmement que je le pouvais mes sensations confuses, je finis par calmer mon rythme cardiaque. Et par conclure qu’à nouveau, cette liste était la meilleure possible.

Depuis, j’ai réfléchi et j’ai bien vite trouvé pourquoi cette partie du site n’est accessible que dans le bâtiment de la bibliothèque : chez moi, il n’y a pas de capteurs…

Obscurité. Silence. Et ce devoir, ce rôle, ce désir…

Un mois après ma découverte du programme EDIC, je rencontrais de nouveau Rémi. Mais cette fois il n’était plus question de hasard. Je le cherchais et étais bien décidé à lui faire dire tout ce qu’il savait. Je n’avais pas encore de certitude, mais tout me portait maintenant à penser que les expériences menées ici allaient bien au-delà de la satisfaction de la clientèle. Je venais de vivre un incident extrêmement désagréable, et une craquelure de peur altérait maintenant le poli de mon intérêt pour la bibliothèque.

J’avais fait mon choix dans les rayons pour une recherche que je menais, et traversais le hall avec une demi-douzaine de livres en main. Direction les bornes d’auto enregistrement, diablement plus rapides que les comptoirs avec préposés humains. Sauf que… L’un des titres que je voulais emprunter portait une étiquette rouge indiquant qu’il devait faire l’objet d’une autorisation d’emprunt spéciale, visée par la bibliothécaire ou son adjointe. Un coup d’œil dans la direction de leur bureau me montra une longue file sinuant lentement. Les hébreux étaient en route, mais étaient encore loin d’avoir atteint la terre promise… Éprouvant subitement un profond dégoût à la seule idée de ce genre de procession, je décidai impulsivement de me passer de ladite autorisation.

Une ou deux minutes passées à progresser rapidement dans la file, et je m’installais face au poste d’enregistrement des emprunts. Je passais rapidement mes premiers livres, puis fit la grimace en voyant un sens interdit barrer l’écran lors de l’identification du volume litigieux. Un message apparût alors sur l’écran, m’invitant à déposer le livre sur le tapis de retour qui défilait en arrière du poste de travail. Je rageais de m’être montré si bête. Évidemment le système avait prévu l’oubli ou la tricherie et faisait bonne garde. J’aurais du y pens… Mais soudain j’eus une sensation étrange, comme un bourdonnement dans les oreilles, comme si la lumière baissait subitement. Et puis l’horreur, tout à coup. Mon corps qui se met à obéir à je ne sais trop quoi, je ne sais trop qui, et qui bouge sans que j’y puisse quoi que ce soit. Ma main ramasse le livre dans le bac d’identification et le pose, mécaniquement, sur le tapis roulant des retours. La lumière retrouve sa brillance, un brouhaha m’envahit les oreilles et je chancelle. Je cligne des yeux quelques instants, ne sachant trop à quoi m’attendre d’autre. Puis la peur me serre le ventre et je sors, pressé, la tête basse comme un voleur honteux.

Une heure plus tard, calmé, je retourne à la bibliothèque. Je cherche Rémi. Son bureau est un cagibi invraisemblable camouflé derrière une fausse cloison, avec une vraie porte dissimulée dans les motifs de cette dernière. Pas facile de le savoir, pas facile de le trouver. Mais c’est peine perdue, pas de Rémi dans ce capharnaüm de câbles, claviers et écrans. Un collègue soupçonneux m’indique un bureau, au second sous-sol, en me regardant comme si j’étais Arsène Lupin au milieu de la salle du trésor de la Couronne… Je descends, me perds un moment dans les couloirs et trouve enfin Rémi. Qui commence par tenter de se débarrasser de moi, arguant d’un emploi du temps surchargé. Pour finir par changer d’avis et d’attitude en constatant mon degré d’énervement, d’exaspération et de peur. Une peur qui a l’air d’être contagieuse, car sa paranoïa latente profite de l’occasion pour s’ajouter à la compagnie. Avec des airs de conspirateur, il m’entraîne à l’extérieur. D’abord dans un café où il refuse d’ouvrir la bouche, m’intimant même l’ordre de me taire. Puis, nos tasses à la main, vers un parc où nous marchons en surveillant autour de nous. Quel couple ! « Parano et Schizo sont dans un bateau… » On doit être comique à observer.

Une fois que Rémi s’est convaincu que nul ne nous suit ni ne nous surveille, il commence par me traiter de tous les noms d’oiseaux qu’il connaît. Je suis un dingue, un inconscient. Je vais attirer des ennuis à tout le monde en faisant des scandales injustifiés, justement là où il ne faut pas en faire. Au bout de quelques phrases, l’argumentaire a tendance à se mordre la queue, et je finis par y mettre fin en lui lançant :
— Rémi, tais-toi un peu ! Et explique moi ce qui vient de m’arriver ! Vous en êtes à… un maudit contrôle des pensées maintenant ?!
Clignant des yeux, il se tait et se redresse. Me regarde fixement.
— Tu ne sais plus ce que tu dis !
— Ah ouais ? Eh bien on verra ce qu’en pense la presse. Et la police ! C’est… C’est immonde, ce que vous faites, c’est…
— Tais-toi !
Au même instant, son téléphone a sonné. En se grattant le côté de la main, il a lancé un « Merde ! » étouffé, avant de faire demi-tour brusquement. « Viens ! » Puis il est sorti du parc si vite que j’ai dû courir pour le rattraper. Sans mot dire, il a foncé vers la bibliothèque. Est entré dans un ascenseur marqué « Réservé au personnel » en me faisant signe de le suivre. Nous sommes descendus au –5 tandis que je me faisais à voix haute la réflexion que j’ignorais qu’il y avait autant de sous-sols. Rémi m’a regardé d’un air entendu, puis a soupiré : « si tu savais… » Je lui ai ensuite emboîté le pas dans un dédale de couloirs et d’escaliers, avant d’entrer dans une pièce aux murs couverts d’écrans de surveillance. Sur la porte, un panneau curieusement libellé annonçait « Zone strictement réservée au personnel autorisé A+. Les contrevenants s’exposent à des ennuis. »

Rémi m’a fait signe de m’asseoir avant d’aller se percher en équilibre instable sur le bord du bureau. Il se frottait toujours le côté de la main, qui commençait à prendre une vilaine teinte rouge. J’ai attaqué le premier.
— Alors, c’est quoi cette histoire ? C’est l’armée des ombres qui a pris le contrôle de la bibliothèque ?
— Si tu te crois drôle, c’est raté. Et oui, l’armée teste des équipements ici. Comme beaucoup d’autres, d’ailleurs.
— Mais… Tu te rends compte de ce que tu me dis là ? Merde, on est supposé être dans une bibliothèque, pas dans l’antre de Frankenstein !
— Je ne vois pas le rapport…
— Tu ne… Mais t’es encore plus taré que ce que je croyais ! Tu m’annonces froidement que l’armée « teste des équipements », je me retrouve contrôlé comme une marionnette par… je ne sais pas quoi, et toi tu me dis que tu ne vois pas le rapport avec Frankenstein ???
Il m’a fixé sans répondre, continuant de se frotter la main mécaniquement. Une goutte de sang est apparue au bout de son index, est tombée sur son pantalon. Il a de nouveau soupiré.
— Tu n’aurais pas dû…
— Quoi ? C‘est moi qui n’aurais pas dû ? Mais je rêve, là. Je cauchemarde, plutôt !
— Tu n’aurais pas dû dire ça.
— Dire quoi ?
— La presse. La police. C’est un projet secret. Enfin, certaines parties sont secrètes. Je suis désolé, mais c’est comme ça. Beaucoup d’argent en jeu. Beaucoup de monde intéressé. C’est comme ça qu’on fait avancer la technique. Et ici, c’est l’endroit idéal. Un temple du savoir…
— Et alors ? Ça ne donne pas le droit de tout faire ! Et surtout pas de manière secrète ! Tu peux parier qu’aussitôt sorti d’ici je vais te faire un raffut de tous les diables. Désolé si ça te cause des ennuis, mais là, c’est trop grave. Tant pis si tu ne t’en rends pas compte.
— Je suis désolé, mais c’est comme ça.
— Ah ouais ?
— C’est comme ça.

Le sang gouttait maintenant de manière continue de sa main. Pendant qu’il me fixait d’un regard vide, le bruit du frottement de ses ongles sur sa main a changé. Est devenu une sorte de crissement semblable à celui que produit le grattement d’un objet métallique. Rémi a répété « C’est comme ça », puis a hoché la tête. Alors j’ai senti des mains se poser sur mes épaules, et le noir s’est fait.

****

La bibliothèque est plus, beaucoup plus que ce qu’elle paraît. Elle va beaucoup plus loin dans la recherche que je ne le pensais. Jusqu’à faire assurer le contrôle et la gestion de toute sa machinerie, lumières et climatisation par des ordinateurs bio-mécaniques. Des encéphales connectés directement au silicium. Si j’avais pu imaginer…

Une obscurité à nulle autre pareille. Un lieu de calme et de repos. Rien n’existe que la tâche, le devoir. Surveiller. Allumer. Éteindre. Augmenter. Des concepts abstraits. Sans réalité autre qu’électrique.

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